L'habitat traditionnel : la case ronde.
La case est construite entièrement avec des matériaux végétaux: le bois, la paille et de plus en plus les feuilles de cocotier. Après le mariage le jeune marié construit sa case sur un emplacement déterminé par les liens familiaux et claniques.
Les hommes vont couper les bois dans la forêt tandis que les femmes partent arracher la paille et faire des bottes
.
La construction est sous la direction d'un homme expérimenté. C'est l'occasion pour les jeunes d'apprendre un savoir faire. Elle peut être l'objet d'un contrat passé avec un groupe, de jeunes, club de foot ou volley ou autre qui va ainsi gagner quelques pièces pour payer des licences ou des déplacements.

On distingue les poteaux de tour de case, un peu plus courts qu'une hauteur d'homme.Ils délimitent un espace rond, avec en son centre un poteau central qui supporte en ensemble de poutres constituant la charpente du toit, un toit très pentu. Les bois sont attachés entre par des lianes ramenées de la forêt. Sur cette ossature les hommes vont attacher des branches fines et souples, des gaulettes, de façon à former un treillis serré sur lequel on fixera la paille.

Une fois que la charpente est terminée le travail consiste en la pose et la fixation des bottes de paille sur le treillis.C'est un travail long et qui demande de l'expérience, car une case est censée vivre de nombreuses années surtout si elle est bien entretenue après.
Les bottes sont étalées tout autour de la case.La travail commence par les murs.La botte est placée les pailles vers le haut.
Le travail de la pose progresse vers le
haut .Les outils pour fixer les bottes sont peu nombreux .Du fil de fer , une pince pour le couper et surtout une longue aiguille de bois .


Pour utiliser l'aiguille un des poseurs se trouve à l'intérieur de la case et les autres à l'extérieur .L'aiguille fait le va et vient .Dans son chas on insère le fil de fer. 

Une
Une petite gaulette sert à aplatir et maintenir très serrées les bottes sur les bois. Ainsi les bottes se superposent et finissent par recouvrir entièrement la stucture de bois. Il faut des centaines de bottes pour couvrir une case et lorsqu'elle est grande ce sont plusieurs milliers de bottes qui sont arrachées.
Aujourd'hui les faiseurs de cases ont de plus en plus de mal à trouver de la paille à Lifou et on se déplace parfois de très loin pour en trouver.
Lorsque c'est impossible la paille est remplacée par des feuilles de cocotier ce qui est d'ailleurs une pratique ancienne dans le district du Lössi, dans le sud de l'île. A partir d'une
certaine hauteur on construit un échafaudage de bois qui permet d'atteindre le faîte du
toit.

Une case comporte deux issues, parfois trois.Une sert de porte d'entrée.Elle est relativement large mais le linteau est placé bas de façon à obliger les visiteurs entrants à s'incliner vers le
sol, ce qui symbolise la marque du respect et de l'humilité.Les montants de la porte sont souvent sculptés.L'autre issue est de taille plus réduite parfois même très réduite:c'est la fenêtre, qui
permet la circulation de l'air dans la case et sert aussi pour sortir.


Lorsque
la couverture de la case est achevée , il reste une étape importante , la confection du faîte de la case .Il n'y a pas toujours de flêche faîtière .Le faîte se confectionne avec
de la paille que l'on enroule sur elle même de façon très serrée maintenue avec des lianes ou du fil de fer.Une fois terminée le faîte est fixé au sommet de la case.Elle a une valeur
symbolique; très souvent elle est ornée
d'un coquillage.
L'intérieur de la case s'organise autour du poteau central et du foyer qui se situe dans le prolongement de la porte d'entrée.Autrefois il est un emplacement délimité par des rondins très durs, mais aujourd'hui le foyer est inséré dans un pourtour en béton( qui reste lorsque la case est détruite!). Le feu est très important pour allonger la durée de vie d'une case.Il sèche la paille lorsqu'elle a été mouillée par les pluies abondantes et la fumée dépose une couche de suie qui protège et durcit l'intérieur. L'hiver le feu chauffe la case et les nuits sont parfois très froides à Lifou.
Le sol est recouvert d'abord d'une couche de pierres ponces que l'on va chercher au rivage où elles abondent en provenance des volcans du Vanuatu.Les pierres ponces ont l'avantage d'isoler de l'humidité qui remonte à la surface.
Ensuite elles sont recouvertes par des feuilles de cocotier puis par des nattes.
Il n'y a pas de meuble dans les cases, seulement des matelas aujourd'hui.On peut coucher à même les nattes car l'épaisseur de feuilles et de nattes le permet. Il n
'y a pas de cloisonnement non plus.
Vues de l'intérieur de la case.On peut voir les lianes qui servent à attacher les gaulettes entre elles ainsi qu'aux poutres.
La case est la "maison pour dormir": uma meköl. La cuisine et la toilette se font dans d'autres "uma". La case est le lieu où l'on reçoit les visiteurs notamment lors des évènements tels que les deuils . Un fois complètement terminée la case est embellie sur son pourtour.






Juste avant de découper le gâteau de
mariage tout le monde se lève et danse.On fait le tour des tables avec de longs coupons de manous et on encercle les invités au son de musiques variées , celles du moment souvent du kaneka.



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